"L'année 2008 sera l'année vérité pour l'index." La phrase est du gouverneur de la Banque Nationale, Guy Quaden. Et elle intervient, dans un contexte tendu sur l'indexation au niveau européen. Mais les syndicats, pas question de remettre en cause ce mécanisme qui permet l'augmentation des salaires en cas d'inflation trop importante…
C'est Jean-Claude Trichet qui a ouvert les hostilités vendredi. Le Président de la Banque centrale européenne a répété son opposition au mécanisme d'indexation automatique des salaires. Un mécanisme qui permet l'augmentation des salaires en cas d'inflation trop importante comme c’est le cas en Belgique et au Luxembourg. "Le système est inacceptable dans une union monétaire telle que la zone euro" dit Jean-Claude Trichet qui donne l'exemple de la crise pétrolière de 73 où les salaires ont été augmentés pour compenser l'inflation. Cela avait provoqué, dit le président de la BCE, une perte de compétitivité des entreprises et une hausse du chômage.
Réponse du berger à la bergère, le ministre des Finances, Didier Reynders, précise qu'il faut relativiser ce mécanisme, parce que les produits pétroliers, le tabac et l'alcool n'entrent pas dans l'indice santé qui est utilisé pour calculer l'indexation Le système belge, dit-il, est particulier.
Même argument pour le gouverneur de la Banque nationale. Guy Quaden qui explique : "la Belgique jouit pour le moment du bénéfice du doute aux yeux de la BCE. C'est pourquoi 2008 sera l'année vérité". C'est la première fois explique-t-il que l'index santé est confronté à une hausse substantielle de l'inflation. Et les chiffres sont vraiment très mauvais pour les mois à venir.
Mais côté syndical, on ne tergiverse pas. Pas question de changer de système. Pour Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, le principe de l'indexation des salaires que nous avons en Belgique doit rester entier. Il doit continuer à fonctionner comme il fonctionne et on le voit avec les problèmes que connaissent les gens au niveau du pouvoir d'achat, il est absolument indispensable. Il n'est pas question que la crise financière aujourd'hui qui est liée à des jeux que des opérateurs financiers ont faits, soit payée demain par les travailleurs salariés.
Source : http://www.rtbf.be/info/belgique/ARTICLE_172824
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2 commentaires:
Perso j'ai quelques remarques pour le "secrétaire général de la CSC" ...
- "Il n'est pas question que la crise financière aujourd'hui qui est liée à des jeux que des opérateurs financiers ont faits, soit payée demain par les travailleurs salariés"
Bon ok ... la phrase aurait pu avoir du sens si elle avait relaté la vérité mais la ... ca donne encore une belle image des syndicats, bravo ...
L'index des salaires tend à compenser l'inflation (en gros) ... bon principe, tres bon meme ... mais uniquement quand tout va bien.
Le syndicaliste prétend que l'inflation résulte "des jeux que des opérateurs ont faits" ... il parle de Kerviel de la Société Générale je suppose :o)
Et bien non, ce n'est pas ces "jeux" la qui font monter le prix du lait :o)
Faut pas être très malin pour le comprendre quand même, si ?
Ces "jeux" ont fait perdre des milliards aux financières, point.
L'inflation (celle d'aujourd'hui, pas celle d'il y a 6 mois), n'est dûe qu'à la demande extérieure (Chine, Inde, ...) qui explose pour la viande, le lait, les céréales, ... et comme l'offre de suit pas, ben les prix augmentent, ca c'est l'inflation ...
On ne peut pas vraiment dire que c'est à cause du prix du pétrole ... mais admettons pcq qq part ca a du sens de le mettre dans le meme panier, admettons ... idem, son prix augmente à cause de l'explosion de la demande des émergents (émergés)
Le prix du pétrol et des céréales (agriculture en général) augmente aussi parce que le dollars chute (car les prix du pétrole and co sont cotés en dollars) mais c'est compensé par la hausse de l'euro (en partie) ... et pq le dollars baisse-t-il, a cause de la dette américaine couplée aux dépenses de la guerre en Irak entre autres ... encore une fois, rien à voir avec les "jeux"
A la limite on pourrait citer le prix de l'immobilier mais c'est plus le cas vu que les prix sont à la baisse (pcq la c'est en partie à cause des "jeux" quoi que meme pas vraiment, c'est l'explosion de la bulle mais ca c'est un autre débat ...)
Bref, index ou pas ?
Perso je dis "non, pas cette fois" pour les raisons évoquées par Trichet dans l'article ...
Zone euro : mobilisation générale contre l'inflation
La zone euro a décrété vendredi la mobilisation générale contre "l'incroyable augmentation de l'inflation", qui risque de rogner le pouvoir d'achat des plus démunis et de compromettre la croissance.
Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se sont réunis à Brdo (Slovénie), alors que la hausse des prix annuelle a atteint en mars 3,5%, record depuis 16 ans, avec des pics proches de 5% dans des pays pourtant réputés "sages" comme la Belgique.
Le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a jugé le phénomène extrêmement préoccupant, parlant de "l'incroyable augmentation de l'inflation" lors d'une conférence de presse.
Il a envoyé un message clair aux 35.000 manifestants qui s'apprêtent à défiler samedi à Ljubliana pour protester contre la baisse de leur pouvoir d'achat et réclamer une baisse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE).
"L'inflation devrait aussi être aussi une source de préoccupation pour les syndicats", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue de l'Eurogroupe. "C'est un combat social. C'est ce que je dis aux syndicats."
"Les multimillionaires peuvent s'accommoder sans aucun problème de la hausse des prix alimentaires", a-t-il ajouté. "Ceux qui vivent avec 300, 400, 500, 600, 700 euros ne peuvent pas vivre avec une inflation galopante."
Tous les autres ministres des Finances des "Quinze" ont exprimé la même préoccupation devant une flambée des prix alimentée par les prix du pétrole, les produits alimentaires et les matières premières.
LA REVANCHE DE TRICHET
Même si la force de l'euro sur les marchés des changes inquiète les exportateurs, la priorité n'est pas là , d'autant que la hausse des prix, bien supérieure à l'objectif d'un maximum de 2%, empêche la BCE de baisser ses taux.
"Non, l'euro n'est pas la première préoccupation, la plus importante préoccupation est plus l'inflation", a souligné le ministre belge des Finances, où l'indexation automatique des salaires sur la hausse des prix aggrave le phénomène.
Cette unaniminité des ministres sonne comme une revanche pour Trichet, qui a été critiqué par certains pays qui considéraient que l'inflation était morte dans la zone euro.
"A un certain moment, nous étions un peu isolés", a-t-il ironisé en citant la volée de bois vert reçue de la part de la France en 2005 lorsque la BCE a augmenté ses taux d'intérêt.
"Certains disaient malheureusement: 'ils sont obsédés par l'inflation'", a-t-il rappelé en souriant.
La BCE étant obligée de rester l'arme au pied, c'est donc aux gouvernements de prendre le relais pour éviter des effets de "second tour", notamment une augmentation des salaires.
"J'exhorte les gouvernements nationaux à faire tout ce qu'ils peuvent pour combattre l'inflation", a dit Juncker.
Il faut donc éviter toute hausse de la fiscalité indirecte, mener une politique de modération salariale et favoriser la concurrence pour faire baisser les prix, a estimé l'Eurogroupe.
PAS DE PESSIMISME
Cela dit, certains pays sont en situation de se montrer plus généreux, a expliqué Juncker en citant l'Allemagne.
Les Allemands, a-t-il souligné, se sont serré la ceinture pendant 15 ans et les augmentations salariales obtenues récemment sont liées aux gains de productivité.
Même si l'inflation dépasse les prévisions de la Commission européenne, qui estimait en février dernier que la hausse des prix serait de 2,6% en 2008, le pessimisme n'est pas de mise.
Les ministres des Finances de la zone euro ont ainsi jugé trop sombre la prévision de croissance du Fonds monétaire international (FMI) qui, selon des fuites, prévoit une hausse de l'activité d'à peine 1,3% pour 2008 dans l'Euroland.
"Nous considérons que ces chiffres sont clairement dans le bas de la fourchette", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.
Même s'il a reconnu que sa propre prévision de février dernier, qui tablait sur une croissance de 1,8% cette année, devrait être révisée à la baisse en raison notamment de la crise sur les marchés financiers, tous les feux ne sont pas au rouge.
Le chômage est à son plus bas depuis des années, à 7,1% de la population active dans la zone euro, la production industrielle se tient et les consommateurs restent confiants en Allemagne et en France, locomotives de l'Euroland.
"La résistance de la zone euro est tout à fait remarquable", a estimé le président de l'Eurogroupe, qui estime lui aussi que le FMI a une vision "moins qu'exacte de la réalité" et qu'il faut la comparer aux risques de récession aux Etats-Unis.
Les "Quinze" se sont aussi mis d'accord sur le message que la zone euro exprimerait lors de la réunion des ministres des Finances du G7 à Washington, le 11 avril prochain.
"Nous sommes convenus que les données fondamentales de nos pays devraient être mieux reflétées dans les taux de change", a expliqué Juncker, qui parlera à Washington en leur nom.
L'Eurogroupe estime que le ton a définitivement changé aux Etats-Unis, qui sont en faveur d'un dollar plus fort.
Yves Clarisse - Reuters
www.Capital.fr
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