jeudi 17 avril 2008

Le procès annuel des gros salaires

Pour ou contre ?
Voici qq morceaux d’un article de Noels

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… Les griefs sont bien connus : auto-enrichissement extrême, incompétence chronique et rapacité asociale. La transparence introduite voici quelques années concernant les rémunérations des sportifs, des politiciens et - surtout - des top managers a entraîné ce que les opposants à cette mesure avaient toujours craint : un festival annuel de voyeurisme financier et de bourrage de crâne facile par des faiseurs d'opinion ...

Ce que je veux défendre, c'est le principe de gagner plus que la moyenne.

A la base du problème, il y a le fait que la plupart des gens ont du mal à accepter que quelqu'un d'autre gagne plus qu'eux. ... L'argument selon lequel les sportifs méritent leurs gros salaires «parce qu'ils peuvent tout de même faire quelque chose de spécial» est un signe d'ignorance ou de manque de respect pour le talent qu'il faut avoir pour diriger une grande entreprise. Les entreprises sont devenues plus complexes, plus internationales aussi, et le rythme de travail est plus intense que jamais. Un CEO doit combiner de larges connaissances avec de la créativité et du leadership. Ce talent est rare.

Certains faiseurs d'opinion soulignent immanquablement que «1 % de la population empoche 7 % des revenus». Sans préciser que ce 1 % allonge 11 % des impôts. Supposons que ce 1 % ne voie plus d'avenir en Belgique et quitte le pays - à cause des impôts étouffants, de la mentalité envieuse et du dénigrement collectif continu des gens qui réussissent -, notre société se trouvera alors confrontée à un énorme problème : les 99 % restants de la population devront compenser une perte de 11 % d'impôts. Et n'oublions pas non plus que ce 1 % de la population occupe des fonctions dirigeantes. Sans capitaines, une économie vogue à la dérive. Ajoutons encore qu'un cinquième des habitants de ce pays sont garants de deux tiers des impôts. Les gros salaires sont donc les principaux piliers de notre système social.

Nous pouvons naturellement être sévères. Les CEO et d'autres dirigeants doivent subordonner leur intérêt personnel à l'intérêt général. Ils doivent poursuivre des projets durables et anticiper suffisamment les problèmes. Cela requiert une approche à long terme et exclut les bonus à court terme ... Ne devons-nous pas dans ce cas nous orienter vers un système de bonus bloqués pour évaluer le caractère durable de leur gestion ? ... Les golden parachutes lors d'un départ - en général, forcé après des prestations médiocres - sont à proscrire.

A moins que nous ne rêvions d'un système communiste, une diabolisation systématique de l'élite économique est la meilleure façon de s'appauvrir collectivement à terme. Sans prétendre qu'il n'y a pas de brebis galeuses isolées ...

Soyez ouverts à l'admiration et à une analyse économique objective !

Geert Noels - économiste en chef chez Petercam
Tendances - 10-04-2008

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