lundi 7 avril 2008

Inflation alimentaire ou famine ?

Chacun a désormais bien compris que l'explosion des cours des produits agricoles en général se traduit par une vive accélération de l'inflation dans les pays émergents (importance relative de l'alimentation dans le budget des ménages oblige...) ; ainsi, en Chine c'est surtout parce que le panier de la ménagère s'est renchéri de 30 % - aux dernières nouvelles ! - depuis un an que le taux d'inflation a allégrement dépassé la barre des 8 %. Et il va de soi que les pays émergents partageront avec nous leur inflation aussi généreusement qu'ils l'ont fait avec leur déflation depuis des années ; malheur aux rentiers !

En réalité, la véritable problématique n'est pas tant de savoir si les cours des denrées de première nécessité vont continuer à s'apprécier en tendance, la réponse étant évidemment oui... Elle est bien plutôt de déterminer quand un tel phénomène deviendra insupportable (en termes d'équilibre économique et de pouvoir d'achat) dans les pays développés.

Car, bien peu d'observateurs semblent en avoir réellement pris conscience, dans les pays émergents en général et en Afrique en particulier, le seuil de tolérance est désormais largement dépassé ... Ainsi, la FAO estime à 40 % en un an la hausse du coût de l'alimentation de base en Afrique sub-saharienne ; et, faut-il le rappeler, les cours mondiaux du riz ont doublé depuis le début de l'année !

Tordons le cou au passage à un mythe dangereux : un tel phénomène serait essentiellement dû à la spéculation : c'est totalement faux ; sinon, comment expliquer que les cours de denrées telles que la lentille progressent aujourd'hui deux fois plus rapidement que ceux du blé ? Car les seules lentilles que connaissent - à ce jour - les gérants de hedge funds sont celles dites de contact ...

En réalité, la véritable racine du problème est que la demande mondiale croît tout simplement plus rapidement qu'une offre au demeurant cannibalisée par les biocarburants. Et, en adoptant davantage de recul, on méditera les paroles d'un marchand éthiopien désignant un sac de grain à un journaliste du Financial Times : « voici l'or nouveau ! » ... Immémoriale sagesse ...

Source : http://www.boursorama.com/conseils/detail_conseil.phtml?news=5348210

4 commentaires:

Chris a dit…

Et toi ton avis?
NB: C'est ABN qui a écrit cet article??

Jacques Renier a dit…

L'histoire des lentilles ca ne prouve rien, ce n'est qu'un exemple.
Ca me parait évident que si une partie des investisseurs commence à spéculer sur le prix du blé, ils sont en partie responsable de son augmentation, et forcement heureux de cette augmentation, eux...

Ales a dit…

Les prix flambent, la crise alimentaire frappe (10/04/2008 - RTL Info)

Des émeutes en Haïti et en Egypte, des manifestations dans plusieurs pays africains. La flambée des prix provoque une grave crise alimentaire dans ces pays. La famine est en vue dans les régions les plus défavorisées du globe. Mercredi, Haïti a été secoué par de nouvelles émeutes provoquées par une brusque augmentation des prix des denrées de base, qui ont conduit le président René Préval à lancer un appel au calme.

> POURQUOI UNE CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE? LOUIS MICHEL, COMMISSAIRE EUROPEEN EXPLIQUE LES CAUSES DE CETTE BOMBE

Les prix des produits alimentaires ont flambé en une semaine en Haïti où un sac de 120 livres de riz est passé de 35 à 70 dollars tandis que le prix de l'essence connaissait une troisième hausse en moins de deux mois.

> Prix record du riz: regardez le reportage

Les Casques bleus de l'ONU, qui protègent depuis mardi le Palais national, siège de la présidence à Port-au-Prince, ont à nouveau tiré des gaz lacrymogène pour refouler des manifestants, selon des témoins.

Les manifestations mardi avaient fait une quinzaine de blessés. Depuis le début de la crise il y a une semaine, au moins cinq personnes ont été tuées et une quarantaine blessées.

"La vie chère frappe les pays riches commes les pays pauvres. Nous payons les conséquences de mauvaises politiques appliquées depuis 20 ans en Haïti", a déclaré le chef de l'Etat, René Préval, 65 ans, au pouvoir depuis deux ans et qui a déjà exercé un premier mandat présidentiel entre 1996 et 2001.

> Ecoutez le témoignage de Jean-Denis Lejeune

"Les manifestations et les destructions ne vont pas faire baisser les prix ni résoudre les problèmes du pays. Au contraire, cela peut faire augmenter la misère et empêcher les investissements dans le pays", a-t-il mis en garde dans un message diffusé par la télévision nationale d'Haïti, alors que retentissaient de fortes détonations dans la capitale.

"J'ai ordonné à la police haïtienne et aux (quelque 7.000) soldats de l'ONU de mettre fin aux pillages", a-t-il ajouté.

Très tôt dans la matinée, des jeunes avaient pris possession de plusieurs rues de la capitale, jonchées de barricades faites de pneus et de grosses pierres, paralysant l'ensemble des activités.

De nombreux commerces ont été mis à sac par des manifestants dotés de gourdins et d'armes à feu, selon des témoins. La station radio Vision 2000 a été la cible de jets de pierres, ont déclaré sur les ondes des présentateurs en appelant la police à l'aide.

Plusieurs parlementaires ont demandé un changement de gouvernement. Il faut "des mesures économiques urgentes à moyen et long terme ainsi que des décisions politiques courageuses", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Kelly Bastien.

"Ces journées de violences ont ruiné deux ans de constructions", a déploré un diplomate s'exprimant sous anonymat.

Au lendemain du soutien apporté par le Conseil de sécurité au gouvernement haïtien, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté "tous les manifestants à renoncer à tout acte de violence". Compréhensif "pour la souffrance du peuple haïtien", M. Ban "encourage les bailleurs de fonds internationaux à apporter de manière urgente leur assistance à Haïti".

Avec 8,5 millions d'habitants, Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, dont 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, soit en dessous de seuil de pauvreté.

Ales a dit…

ben ce coup ci j'ai malheureusement pas trop d'avis ... c'est bien triste pour les pauvres de plus en plus pauvre ... et bnous aussi nous allons déguster ...

peut-etre reverra t on les coopératives un jour ?