vendredi 18 avril 2008

Ce cher Desproges...

C'est l'anniv de la mort d'un des plus grands anti-conformistes à l'humour cynique et noir bien trempé...
Quelques citations sont de rigueur!

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L'humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc.Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vu s'échouer dans la bouffonnerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chef de choucroute à Carrefour.
Mais vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de carrière et de retraite anticipée, reconnaissez au moins à ces pisseux d'hier le mérite d'avoir eu la générosité de croire à des lendemains cheguevaresquessur d'irrésistibles chevaux sauvages.
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jeudi 17 avril 2008

Le procès annuel des gros salaires

Pour ou contre ?
Voici qq morceaux d’un article de Noels

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… Les griefs sont bien connus : auto-enrichissement extrême, incompétence chronique et rapacité asociale. La transparence introduite voici quelques années concernant les rémunérations des sportifs, des politiciens et - surtout - des top managers a entraîné ce que les opposants à cette mesure avaient toujours craint : un festival annuel de voyeurisme financier et de bourrage de crâne facile par des faiseurs d'opinion ...

Ce que je veux défendre, c'est le principe de gagner plus que la moyenne.

A la base du problème, il y a le fait que la plupart des gens ont du mal à accepter que quelqu'un d'autre gagne plus qu'eux. ... L'argument selon lequel les sportifs méritent leurs gros salaires «parce qu'ils peuvent tout de même faire quelque chose de spécial» est un signe d'ignorance ou de manque de respect pour le talent qu'il faut avoir pour diriger une grande entreprise. Les entreprises sont devenues plus complexes, plus internationales aussi, et le rythme de travail est plus intense que jamais. Un CEO doit combiner de larges connaissances avec de la créativité et du leadership. Ce talent est rare.

Certains faiseurs d'opinion soulignent immanquablement que «1 % de la population empoche 7 % des revenus». Sans préciser que ce 1 % allonge 11 % des impôts. Supposons que ce 1 % ne voie plus d'avenir en Belgique et quitte le pays - à cause des impôts étouffants, de la mentalité envieuse et du dénigrement collectif continu des gens qui réussissent -, notre société se trouvera alors confrontée à un énorme problème : les 99 % restants de la population devront compenser une perte de 11 % d'impôts. Et n'oublions pas non plus que ce 1 % de la population occupe des fonctions dirigeantes. Sans capitaines, une économie vogue à la dérive. Ajoutons encore qu'un cinquième des habitants de ce pays sont garants de deux tiers des impôts. Les gros salaires sont donc les principaux piliers de notre système social.

Nous pouvons naturellement être sévères. Les CEO et d'autres dirigeants doivent subordonner leur intérêt personnel à l'intérêt général. Ils doivent poursuivre des projets durables et anticiper suffisamment les problèmes. Cela requiert une approche à long terme et exclut les bonus à court terme ... Ne devons-nous pas dans ce cas nous orienter vers un système de bonus bloqués pour évaluer le caractère durable de leur gestion ? ... Les golden parachutes lors d'un départ - en général, forcé après des prestations médiocres - sont à proscrire.

A moins que nous ne rêvions d'un système communiste, une diabolisation systématique de l'élite économique est la meilleure façon de s'appauvrir collectivement à terme. Sans prétendre qu'il n'y a pas de brebis galeuses isolées ...

Soyez ouverts à l'admiration et à une analyse économique objective !

Geert Noels - économiste en chef chez Petercam
Tendances - 10-04-2008

mercredi 16 avril 2008

Europe, Empire du Milieu ... et globalisation

J'ai coupé l'article, il était parfois trop technique ...
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** La BCE a de quoi se réjouir de cette fièvre qui emporte les matières premières vers des sommets. Les statistiques de l'inflation (0,8% en France au mois de mars et 3,2% en rythme annuel) justifient -- mais a posteriori -- son immobilisme et son discours intransigeant qui préconise "le ferme ancrage des anticipations en matière de stabilité des prix".

La seule chose dont J.C. Trichet puisse nous convaincre, c'est qu'il ne baissera pas les taux -- c'est-à-dire la rémunération de l'euro -- et qu'il compte sur les multinationales opérant en Europe pour tenir tête aux syndicats de façon à limiter la hausse des salaires du plus grand nombre tout en sauvegardant les rémunérations astronomiques des équipes dirigeantes -- lesquelles progressent cinq à 10 fois plus vite que l'inflation.

Dans un contexte d'économie globalisée, l'action résolue de la BCE, ou de quelques autres banques centrales occidentales, pour restreindre la demande intérieure ne peut avoir aucun effet sur la flambée des matières premières et des produits agricoles. Nous pouvons toujours nous mettre à circuler en vélo sur nos autoroutes et nous contenter d'un bout de lard le dimanche, cela ne fera aucune différence sur le cours mondial du pétrole ou de la viande.
Nous n'allons pas recommander aux Européens de troquer le poulet-frites en faveur du bol de riz... son prix a doublé en 18 mois du fait de l'explosion de la demande intérieure en Inde, en Afrique ou au Pakistan.

Et même si le cours du blé doublait, ainsi que celui de la viande hachée, cela ne dissuaderait pas les nouvelles classes aisées de Pékin, Shanghai ou Shenzhen de faire la queue au volant de leurs berlines allemandes flambant neuves devant les fast-food occidentaux pour commander des hamburgers XXL ; la magie du drive-in se rit de la rigueur de la BCE de l'autre côté de la planète.

Reste que le pouvoir d'achat de l'euro se renforce par rapport à celui du dollar. Cependant, notre capacité à exporter se réduit symétriquement : à terme, cela fera plus de chômeurs dans l'Euroland et l'inflation structurelle, qui a envahi la planète, continuera de prospérer comme si de rien n'était : elle se contrefiche des critères arbitraires de Maastricht !

La seule approche crédible reste celle de "l'inflation relative". Si celle-ci est supérieure à 7% en Chine sur fond de croissance annuelle à 10%, les 3,5% de l'indice IPCH (l'indicateur synthétique des prix en Zone euro) sont très supportables, à condition que la hausse de notre PIB avoisine 3%. Or cela n'a jamais été le cas -- y compris quand "tout allait bien" -- depuis le début du 21ème siècle !

Nous sommes partis sur des bases à peine supérieures à 1,5% pour 2008 -- et 0,5% en Italie qui vient de voter Berlusconi. Cela signifie qu'il faut soit appauvrir globalement les ménages de 2% -- via la réduction de la masse salariale et des prestations sociales --, soit tolérer une hausse de 2% de l'endettement global -- autrement dit des déficits publics.

Comme la seconde proposition de l'alternative nous est interdite -- toujours en application des critères de Maastricht --, cela signifie que c'est la consommation -- comprendre : le citoyen lambda -- qui devra supporter la totalité du choc de l'inflation. Les banques se retrouvent, en effet, contraintes de resserrer simultanément les vannes du crédit : la BCE nous précipite avec une bonne conscience jubilatoire dans le mur de la stagflation.


** En une demi-douzaine d'années, l'Empire du Milieu s'est doté de capacités de production surdimensionnées. S'il manque souvent de ciment sur la côte est ou à Pékin -- on bâtit à tout va avant les JO et l'exposition universelle de Shanghai --, le parc de machines-outils est pléthorique... la Chine a largement de quoi voir venir !

Les quantités d'énergie et de matières premières ne suivent tout simplement plus... mais allez expliquer cela à un peuple qui commence tout juste à goûter aux joies de la société de consommation !

Nous autres Occidentaux commençons tout juste à envisager d'adopter un mode de vie plus sobre, en espérant ne pas nous retrouver contraints de mettre en pratique les principes de la théorie controversée de la décroissance économique.

Mais aurons-nous le choix ?

Source : Chronique Agora

mardi 15 avril 2008

Le déni de réalité ...

Les raisons que je vais avancer paraîtront très américaines à l'investisseur européen. Mais les Etats-Unis ont été jusqu'à présent le moteur de la croissance et de la dynamique boursière mondiale. Le dollar reste encore une monnaie étalon et le doute plane toujours sur le régime des moteurs auxiliaires que sont la Chine, l'Inde et le Brésil et leur faculté à ne pas caler.


Raison 1 : la stagflation

Stagflation : un exemple historique bien connu est 1929. La stagflation touche les Etats-Unis, où la croissance ralentit sur fond de création monétaire sans précédent historique. L'Europe n'en est pas loin avec une croissance anémique et des pays de l'Union en déficit budgétaire chronique. Le peu de croissance vient des pays émergents de l'Europe de l'Est. Les chiffres d'inflation sont coupés de toute réalité et on peut douter de l'utilité des indices bricolés hors "habitation et alimentation et énergie". La croissance est en panne et le moteur de l'inflation est le pétrole. Aucune récession n'allègera le poids de la facture pétrolière. Comment les gouvernements des pays riches pourraient-ils dénoncer une énergie trop chère alors qu'ils la taxent à des taux de 75% ? La stagflation est mortelle pour les bénéfices des entreprises et donc pour les indices des marchés.


Raison 2 : les matières premières et le pétrole

Les nouvelles devises mondiales s'appellent pétrole, métaux, produits agricoles. Plutôt que de stocker des dollars qui se déprécient, les investisseurs lestés en billets verts achètent du pétrole. Quant aux pays producteurs de pétrole, ils recyclent leurs pétrodollars dans les métaux précieux ou investissent chez eux. C'est autant de capitaux en moins pour les marchés actions.


Raison 3 : la crise de l'immobilier américain et du crédit hypothécaire

En quoi la baisse de la valeur de l'immobilier californien ou autre pèserait-elle sur les marchés ? Parce qu'elle conditionne la consommation américaine qui représente 75% du PIB des Etats-Unis. Des établissements financiers sans scrupule ont prêté de l'argent à des ménages pour qu'ils consomment avec l'argent de la plus-value latente de leur logement. Aujourd'hui, la plus-value latente s'est évaporée, mais les dettes restent. D'où la récession.


Raison 4 : les dérivés de crédit toxiques

On touche là au coeur technique de la crise du crédit hypothécaire. Les risques liés au crédit hypothécaire ont été sous-estimés et endossés par des établissements financiers. Le FMI évalue l'ardoise à 1 000 milliards de dollars. Moins du tiers est aujourd'hui déclaré par les établissements financiers. Des vagues d'inquiétudes secoueront les marchés au fur et à mesures des sinistres qui feront surface.


Raison 5 : la pyramide de dettes américaines

David Walker, rapporteur financier du Congrès, a déclaré avant son départ en mars que les USA étaient en banqueroute et utilisaient des pratiques comptables aussi contestable que celles d'Enron. Les Etats-Unis cumulent un déficit commercial sans précédent avec un endettement aux niveaux fédéral, étatique et collectivités locales. La dette actuelle se monte à plus de 9 400 milliards de dollars. Ce fardeau pèse sur le cours du dollar et nourrit en partie la spéculation sur les matières premières.


Raison 6 : la prolifération des instabilités géopolitiques

Outre la dispendieuse guerre en Irak menée par les Etats-Unis, les menaces se multiplient dans un monde qui sent que le gendarme américain s'affaiblit. Les camarades capitalistes chinois vont éprouver de plus en plus de mal à censurer internet. Le terrorisme islamique est loin d'être terrassé. Les marchés détestent le "son du canon".


Raison 7 : le déni de réalité

Les problèmes sont plus faciles à régler lorsqu'ils sont bien identifiés. Les minorer ou les masquer retarde la solution. Etats-Unis et Europe minorent l'impact de la création monétaire de ces dernières années, de l'inflation sous-jacente. Lorsque les marchés vont prendre la mesure de la réalité, ils déprimeront


Raison 8 : la culture de l'immédiat

Les démocraties médiatisées vivent dans une culture de l'immédiat. Il faut des résultats rapidement. Les marchés vivent dans la même culture. Ils ne vont pas apprécier l'érosion progressive des résultats des sociétés cotées.


Raison 9 : le choc démographique

Les pays encore riches, mais endettés et vieillissants se trouvent cernés par des pays à population jeune dont le niveau de vie s'améliore. La croissance de la consommation va se déplacer vers l'Asie et les entreprises de ces pays sont les mieux placées pour en tirer profit.


Raison 10 : la nouvelle donne

Les marchés financiers vivent encore sur un schéma bientôt obsolète. La richesse se déplace à grands pas. L'empire américain décline et va laisser place à une autre hégémonie. La crise de 1929 a marqué la fin de la domination de la livre sterling. Le règne du dollar se termine et les turbulences sont inévitables.


10 commandements pour en tirer parti

- Préparez-vous à une vague d'inflation
- Renforcez-vous en pétrole et en or
- Restez à l'écart des valeurs liées à la consommation des pays riches
- Restez à l'écart des valeurs financières
- Restez à l'écart des valeurs américaines
- Evaluez l'impact des instabilités géopolitiques sur les grandes entreprises cotées
- Restez sourd au discours financier convenu
- Guettez les opportunités en Asie
- Gérez rigoureusement vos ordres de vente stop

Source : Chronique Agora

vendredi 11 avril 2008

Panique au Mangin Palace

De passage à Nevers, je tombai par hasard sur une émission de France Inter: Panique au Mangin Palace. Emission originale, ayant pour but de développer un thème particulier tout en croisant morceaux de musique (de circonstance) et extraits de cinéma. Je vous la conseille fortement, si vous avez le temps, écoutez vite le podcast (qui est encore là jusque dimanche), vous ne serez pas déçu! Une bonne manière de se cultiver en se divertissant! (pour ceux qui ont peur, ce n'est pas chiant pour un sou).
Ca cite le cardinal Mazarin, ça passe du Poelvoorde et les Nuls, ça se fout de Sarko et Carla, ça joue du TTC, du Edith Piaf et du Royksopp. Allez, bonne écoute.

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/paniqueaumanginpalace/

podcast:
http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/PANIQUE/PANIQUE.ram
http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_10128.xml

Extraits:
"
Cette semaine, dans Panique au Mangin Palace, tu es m'as-tu-vu et tape à l'oeil, tu es Tartarin de Tarascon, tu es fanfaron à Saint-Tropez ou Hilton à Paris, tu es diamants sur canapé, tu es Paloma ou Phocéa, et tu es aussi..., oui, tu l'auras compris, l'ami, ce matin tu es bling-bling, tu es gros frimeur !
"

Citation du cardinal Mazarin:
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C'est à leur obsession pour les beaux atouts et les festins raffinés que tu les reconnaitras. L'expérience de la misère pousse le parvenu à convoiter les satisfactions matérielles beaucoup plus que les honneurs. C'est à leur goût pour le clinquant qu'on démasque les gens incultes. L'idiotie du nouveau riche ne peut s'accorder avec l'élégance de la discrétion.
"

jeudi 10 avril 2008

Inflation ali. ou famine ? (part II - ONU)

ONU-DEVELOPPEMENT :
Le prix des denrées alimentaires menace la réussite des OMD
Thalif Deen


NEW YORK, 3 avril (IPS) - La hausse du prix des denrées alimentaires sur le marché mondial a des répercussions considérables sur la réussite des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement d’ici à 2015, ont estimé cette semaine plusieurs hauts responsables de l’ONU, lors d’un débat consacré aux avancées des OMD, organisé au siège des Nations Unies à New York.

"Des progrès indéniables ont eu lieu depuis 2000 et l’adoption de la Déclaration du Millénaire", a indiqué le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. "Trois millions d’enfants supplémentaires survivent chaque année au-delà de l’âge de 5 ans ; deux millions de personnes en plus bénéficient désormais d’un traitement contre le VIH/sida et des millions d’enfants ont accès à l’éducation primaire", a-t-il souligné.

"Mais à mi-parcours de la date de 2015, le bilan des efforts déployés pour atteindre les Objectifs du Millénaire est mitigé", a indiqué le Secrétaire général, car de nombreux pays restent encore sur la touche. "C’est particulièrement vrai des pays africains et des pays les moins avancés, mais certains pays en développement les plus dynamiques d’Asie, ainsi que des pays d’Amérique latine, connaissent aussi de sérieuses difficultés", a précisé Ban Ki-moon, "et aujourd’hui, le défi de la réalisation des OMD en 2015 est d’autant plus délicat face à l’inflation du prix des denrées alimentaires et au ralentissement de la croissance économique mondiale, qui ne fait qu’aggraver la situation des pays en développement", a-t-il ajouté.

Lors de ce débat sur les avancées des OMD, le président de l’Assemblée générale, Srgjan Kerim, a rappelé que l’Afrique était le continent où la pauvreté absolue avait augmenté au cours de la dernière décennie et où on estime que 360 millions de personnes vivront toujours dans la pauvreté en 2015, "une situation qui ne pourra que se détériorer avec l’augmentation du prix de l’énergie et de la nourriture", a-t-il ajouté.

"Nous entrons dans une nouvelle ère marquée par la faim et la pauvreté", a affirmé de son côté Josette Sheeran, la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), rappelant que 854 millions de personnes dans le monde souffraient de la faim et de la malnutrition et que plusieurs pays ne seraient probablement pas en mesure d’atteindre le premier Objectif du Millénaire pour le Développement, qui vise à réduire de moitié la faim et la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Le mois dernier, le PAM a lancé un appel d’urgence aux pays donateurs pour mettre en place un fonds de 500 millions de dollars en vue de compenser la hausse du prix des denrées alimentaires. Depuis janvier de cette année, le prix du riz sur le marché international a en effet augmenté de plus de 20%, selon le Programme alimentaire de l’ONU. "Et la hausse du prix des marchandises a déjà entraîné des manifestations de colère au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Egypte ou au Cameroun", a souligné Josette Sheeran.

Pour la directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Thoraya Ahmed Obaid, les progrès mondiaux en termes de réduction de la mortalité maternelle et infantile, deux des principaux Objectifs du Millénaire, sont également trop limités. "Le coût de ce retard a des conséquences dramatiques, car on estime que l’impact économique de la mortalité infantile et maternelle s’élève à 15 milliards de dollars pas an en perte de productivité", a-t-elle indiqué.

"Il faudrait quatre millions de travailleurs de la santé pour répondre aux besoins de l’Afrique et de l’Asie, et près de 335.000 sages femmes", a-t-elle indiqué aux représentants des Etats membres. "On estime également qu’il faudrait chaque année 6 milliards de dollars supplémentaires pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Ce montant représente un jour et demi des dépenses militaires mondiales. Un jour et demi de ces dépenses, consacré à la santé maternelle et infantile, sauverait donc la vie de 500.000 femmes et de 8 millions de nourrissons chaque année", a-t-elle ajouté.

En adoptant la Déclaration du Millénaire en 2000, les Etats membres de l’ONU se sont engagés à atteindre huit objectifs de développement prioritaires à l’horizon 2015. Il s’agit notamment de réduire de moitié la faim et la pauvreté dans le monde, de fournir une éducation primaire à tous les enfants, de contrôler des pandémies comme le sida, la tuberculose ou le paludisme, de réduire de deux tiers la mortalité infantile et de trois quarts la mortalité maternelle dans le monde.

http://www.ipsnouvelles.be/news.php?idnews=9719
(FIN/IPS/2008) MDG1

lundi 7 avril 2008

Inflation alimentaire ou famine ?

Chacun a désormais bien compris que l'explosion des cours des produits agricoles en général se traduit par une vive accélération de l'inflation dans les pays émergents (importance relative de l'alimentation dans le budget des ménages oblige...) ; ainsi, en Chine c'est surtout parce que le panier de la ménagère s'est renchéri de 30 % - aux dernières nouvelles ! - depuis un an que le taux d'inflation a allégrement dépassé la barre des 8 %. Et il va de soi que les pays émergents partageront avec nous leur inflation aussi généreusement qu'ils l'ont fait avec leur déflation depuis des années ; malheur aux rentiers !

En réalité, la véritable problématique n'est pas tant de savoir si les cours des denrées de première nécessité vont continuer à s'apprécier en tendance, la réponse étant évidemment oui... Elle est bien plutôt de déterminer quand un tel phénomène deviendra insupportable (en termes d'équilibre économique et de pouvoir d'achat) dans les pays développés.

Car, bien peu d'observateurs semblent en avoir réellement pris conscience, dans les pays émergents en général et en Afrique en particulier, le seuil de tolérance est désormais largement dépassé ... Ainsi, la FAO estime à 40 % en un an la hausse du coût de l'alimentation de base en Afrique sub-saharienne ; et, faut-il le rappeler, les cours mondiaux du riz ont doublé depuis le début de l'année !

Tordons le cou au passage à un mythe dangereux : un tel phénomène serait essentiellement dû à la spéculation : c'est totalement faux ; sinon, comment expliquer que les cours de denrées telles que la lentille progressent aujourd'hui deux fois plus rapidement que ceux du blé ? Car les seules lentilles que connaissent - à ce jour - les gérants de hedge funds sont celles dites de contact ...

En réalité, la véritable racine du problème est que la demande mondiale croît tout simplement plus rapidement qu'une offre au demeurant cannibalisée par les biocarburants. Et, en adoptant davantage de recul, on méditera les paroles d'un marchand éthiopien désignant un sac de grain à un journaliste du Financial Times : « voici l'or nouveau ! » ... Immémoriale sagesse ...

Source : http://www.boursorama.com/conseils/detail_conseil.phtml?news=5348210